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Fischer Iván- A karmester a diktátor szimbóluma

Orchestre du Festival de Budapest

Ivan Fischer

Channel Classics- CCSSA 33112(SACD)
Référence: Solti (Decca)

Ce merveilleux monde porte en lui quelque chose de très positif: il n’arrête pas de tourner. Ainsi les grands musiciens, les visionnaires, continuent à faire de la musique en dépit de toute gesticulation. Pendant que le petit milieu s’auto-congratule de sa “clairvoyance” en nommant son enfant chéri, le “Dude” (lire Gustavo Dudamel) “musicien de l’année” (!!!) les vrais grands continuent un parcours, qui, lui, laissera des traces.

Je suis bien forcé d’évoquer le “Dude” et sa cohorte des lèche-bottes qui en ont fait un phénomène (avant de remarquer que c’est un gars très doué qui méritait surtout de peaufiner ses excellentes dispositions), en commentant une 1re de Mahler, oeuvre dans laquelle la version qui fait splash du Vénézuélien a ébloui quelques candides.

Ivan Fischer, comme Manfred Honeck, mais encore mieux, rétablit l’échelle des valeurs, avec une lecture fascinante par sa carrure et, surtout, la justesse de ses univers sonores. Comparez le Kraftig bewegt factice de l’un et éclairé par un vrai son chez Fischer. Admirez le travail de la percussion dans le passage central du 3e volet, l’émotion du passage au tilleul, le phrasé cantabile millimétré des violons dans le Finale, les portamentos “alt-wienerich” parfaitement calibrés et conceptualisés.

Je ne sais combien de temps Ivan Fischer passe à préparer et préméditer ses disques, mais assurément il ne laisse rien au hasard… Tout cela, capté par un ingénieur du son inspiré, nous vaut la plus belle Titan en SACD.

Christophe Huss