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Comment faire connaître la musique contemporaine au grand public de Budapest ? Comment sortir des temples de la musique comme le Palais des Arts (Müpa) ou l'Université des Sciences Musicales Ferenc Liszt (Zeneakadémia) ? Tel est le défi qu'a relevé l'orchestre mondialement connu et reconnu, le Budapest Festival Orchestra (qui curieusement n'a pas de nom en français...).

A partir de cette saison l’ensemble a décidé de lancer une série de concerts présentant les meilleurs compositeurs contemporains au Théâtre du parc Millenáris, largement accessible au public. Le premier concert a eu lieu jeudi soir en la présence de 300 personnes, sous la direction de Zoltán Rácz, un des fondateurs de l’ensemble des percussions Amadinda et par ailleurs un de apôtres de la musique contemporaine en dirigeant aussi l’Association de la Nouvelle Musique Hongroise (UMZE). Cette fois, les musiciens de Budapest Festival Orchestra ont joué les œuvres de trois des plus grands compositeurs contemporains dont deux Hongrois: György Ligeti et Péter Eötvös ainsi qu’une pièce de l’Américain Steve Reich.

En première partie, les instruments de vent ont mené le jeu dans l’Octette de Eötvös et dans le Sextette Double de Reich. En deuxième partie, on pouvait écouter le Concerto pour piano de Ligeti avec le jeune pianiste Zoltán Fejérvári. Manifestement, les organisateurs voulaient présenter graduellement cette musique réputée difficile au public donc ils avaient choisi des œuvres relativement “faciles”. Sans entrer dans les détails on peut dire que le fond philosophique des compositions ont facilement atteint le public sans pour autant nuire à la qualité artistique. Il est à noter aussi qu’à part des habitués, un grand nombre de jeunes ont participé au spectacle.

Les déclarations de Steve Reich résument bien l’esprit des trois grands compositeurs et de la soirée: “Tous les musiciens anciens se sont intéressés à la musique folklorique dès le Moyen Age…Les sources de la musique de Béla Bartók se trouvent dans la musique folklorique hongroise. Et Igor Stravinsky, même s’il voulait occulter ce fait, a utilisé toutes sortes de sources russes dans certains de ses ballets. Kurt Weill dans son Opéra de quat’sous a utilisé le style du cabaret de la République de Weimar et c’est précisément la raison de son succès. La division artificielle entre la musique populaire et classique avait été introduite par la cécité de Arnold Schoenberg et de ses partisans en érigeant un mur artificiel qui n’a jamais existé avant lui. Ma génération a réussi à briser ce mur en créant une situation normale, la musique de Brian Eno ou de David Bowie en sont des exemples. C’est le chemin normal de l’histoire de la musique.”

/www.hu-lala.org/