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Image d’orchestre bien construuite, aérée et limpide. De la profondeur mais léger manque d’étagement des plans en stéréo. Définition assez fine. Belle dynamique.

On restait sur le souvenir béni de la Symphonie nº4 par Ivan Fischer et l’Orchestre du Festival de Budapest. Allaientils renouveler le miracle? A 90% oui. Il faut décidément compter avec Fischer, le plus poétique de nos mahlériens. Se rappelant que la « Titan » fut créée à Budapest où ce disque fut enregistré, le chef hongrois formé à Vienne semble plus que jamais investi d’une mission. Sa direction pleine de tendresse et de nostalgie est l’une des rares aujourd’hui à retrouver les racines d’un style d’Europe centrale où l’on sait aller au-delà des notes pour invoquer un paradis perdu. Fischer ne veut pas nous faire entendre, dans les sons lointains du premier mouvement, les recherches timbriques d’un compositeur d’avant-garde, mais une évocation de la nature, avec les impressions déclenchées par les sons et les pafums. Cette flânerie rêveuse prend le temps qu’il faut pour laisser s’insinuer des épisodes plus inquiets et menaçants, jusqu’à ce que des cors libérateurs lâchent enfin leurs ruades rustiques.

La différence entre le Ländler et la valse du deuxième mouvement est idéalement marquée, cette demière s’autorisant un délicieux rubato. Toute l’ironie de la marche funèbre de Callot est là, sans parler de l’authenticité des épisodes klezmer. Seul le finale ne prend pas tout de suite son envol, la faute à un orchestre de poètes quand il faudrait ici des brutes : les cuivres manquent quelque peu de panache, avant que les réminiscences du premier mouvement ne rassemblent tout le monde pour conduire à une coda magnifiquement amenée.

Une « Titan » véritablémént danubienne, somme même le Philharmonique de Vienne en a perdu l’habitude.

Christian Merlin